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De bonnesrelations LA POPULATIONDE LA NOUVELLE-CALÉDONIE
Une répartitiongéographique déséquilibrée La populationde la Nouvelle-Calédonie est estimée à 200.000 habitants.Dans une optique de développement, la faible densité démographiqueenregistrée semble être un handicap de première grandeurpour l'archipel néo-calédonien. L'importanced'un domaine montagnard difficile à aménager (environles 3/4 de la Grande Terre) explique que seulement 1% de la populationdu territoire soit installé au-dessus de la courbe de 150 m d'altitude: il s'agit de petites collectivités rurales mélanésiennes,de modestes chantiers forestiers et d'installations minières. Audessus de 500 m, on ne trouve âme qui vive. La majeur partie de lachaîne centrale, la totalité du grand massif minier du sudet le massif métamorphique du Mont Panié sont des espacesdéserts. Dans lesvallées descendant de la chaîne centrale et aux îlesLoyauté, le peuplement se dilue en de multiples petits hameaux.Par contre, sur le littoral de la Grande Terre, tout spécialementsur la côte occidentale, à Belep et à l'Île desPins, la population s'agrège de loin en loin en gros villages. Parfoisle bourg commercial et de service servant de chef-lieu de commune est jumeléavec un centre minier (Thio), mais leur poids démographique cumulén'excède jamais 2500 habitants, seuil minimum d'urbanitéen Métropole. Àla différences des centres miniers qui ont souvent une existenceéphémère (cas ancien de Tiébaghi, cas plusrécents de Poro et Népoui), les bourgs commerciaux de laGrande Terre et plus encore la ville de Nouméa ont vu leur populationcroître de manière constante, au fur et à mesure dela diversification et de la progression en volume de leurs activités.Les bourgs sont tous situés à proximité de l'embouchuredes fleuves côtiers. Leur population à majorité européennesintègre de plus en plus de Polynésiens, d'Asiatiques et mêmede Mélanésiens, bien que ceux-ci continuent à vivredans leur grande majorité hors des centres urbains secondaires,préférant le cadre traditionnel des tribus, collectivitésréduites, de quelques centaines et parfois quelques dizaines d'individus.Dans les grandes savanes de la côte ouest, on peut rencontrer aussides groupes limités à quelques personnes d'origine européenne,correspondant à l'implantation de ranches d'élevage extensif. Au coursdes 3 dernières décennies, la ville de Nouméa s'estdéveloppée d'une manière extrêmement rapide.Le "Grand Nouméa" déborde à présent largementdu site péninsulaire et des limites communales pour inclure en partiele Mont Dore et Païta, en totalité Dumbéa, ce qui lefait s'étirer sur un axe de 80 km de long, de la rivièreTontouta à celle de la Coulée. Cette agglomérationqui s'étend sur 1% du Territoire, capte près de 60% de lapopulation de l'archipel. Devantl'afflux des migrants venant de l'intérieur du territoire commede l'extérieur, les pouvoirs publics ont dû réaliseren catastrophe, au début des années 1970, plusieurs citésHLM (Tindu, Montravel). On vit ainsi surgir des tours à l'entréede la presqu'île (Saint-Quentin), puis des barres d'immeubles surles hauts de Rivière Salée et de Magenta. Le Centre-Villeet le Quartier Latin furent remodelés. Une nouvelle ville sortitde terre (ou plus exactement d'un ancien marais) à RivièreSalée. Au début,la population des cités sociales comme celle des vieux quartiersétait très mélangée. Devant les turbulencesde la vie en collectif vertical, on vit apparaître des phénomènesde ségrégation ethnique. Au fils des années, les citésdevinrent des lieux de concentration de Wallisiens et de Mélanésiensfraîchement urbanisés et ne possédant que de faiblesrevenus. Àpartir de 1975, un habitat pavillonnaire à prix modéréa pu être développé dans la partie septentrionale del'agglomération nouméenne pour éviter la concentrationen immeuble de gens ayant l'habitude de vivre en plein air. Le succèsfut immense. Il n'est qu'à voir l'étendue des lotissementsréalisés par la SICNC, puis par le Fond social de l'habitat,non seulement à Rivière Salée, mais aussi hors deNouméa, dans la plaine de Koutio, et au-delà au Mont Doreet à Païta, pour se rendes compte du profond remodelage duchef-lieu du territoire et de la progression de sa population. En GrandeTerre, les concentrations localisées de population allochtone onttoujours été liées à l'existence de centresadministratifs. Au début des années 1960, Koumac et Bourailétaient des bourgs très structurés. Après leboom du nickel (vers 1975), les trois chefs-lieux de subdivision administrativesde la Grande Terre (La Foa, Koné et Poindimié) se développèrentà leur tour. Depuisla mise en place des Provinces, les pouvoirs publics tentent (avec un retarddifficilement rattrapable) de rééquilibrer le territoireen constituant une nouvelle agglomération urbaine sur l'axe Népoui-Pouembout-Koné.On espère à terme y stabiliser 10.000 personnes. On essaieaussi de doter la Province Îles d'un pôle urbanisé,à Wé (Lifou), mais le morcellement de l'espace provincialen trois îles et le statut foncier coutumier ne favorisent pas l'émergenced'une véritable petite ville autour de l'actuel centre commercialet de services. Une implantation contrastéeet évolutive des communautés ethniques L'inégalerépartition géographique de la population en Nouvelle-Calédoniese double d'une implantation contrastée des communautés mélanésienne,européenne et polynésienne. Ainsi, les îles périphériquesqui ont le statut de réserve sont-elles peuplées presqueexclusivement de Mélanésiens. Faute de possibilitésde développement endogène, une part importante de la populationd'origine loyaltienne s'est établie de manière permanenteen Grande Terre, dans les localités accueillant le plus des activitésindustrielles, commerciales ou de services (principalement Nouméa). Mais d'unefaçon générale, l'importance relative de l'ethniemélanésienne dans la population croît en fonction dudegré de ruralité de la commune, proportionnellement àl'étendue des réserves. On compte plus de 90% de Mélanésiensdans les cinq communes insulaires et dans les quatre autres de la côteorientale (Pouébo, Hienghène, Canala et Yaté), entre70 et 90% à Ouégoa, Poum, Gomen, Touho, Poindimié,Ponérihouen, Houaïlou et Thio, enfin à Sarraméa(enclavée dans la chaîne centrale). Les Mélanésienssont aussi majoritaires à Koné, Poya, ainsi qu'à Moindou.Par contre, dans les communes où la colonisation a établide longue date de nombreuses familles de maraîchers (Pouembout, Bourail,La Foa), ils restent minoritaires, ainsi que dans l'agglomérationde Nouméa ; dans la presqu'île, ils sont 23%, en banlieue,environ 20%. La répartitiondes Européens n'est pas forcément le négatif de celledes Mélanésiens : s'ils sont traditionnellement absents desîles, ils sont depuis 15 ans faiblement représentéssur la côte est (désertion lors des événementsinsurrectionnels de 1984-85). Sur la côte ouest, ils sont restésmajoritaires à Koumac, à Bourail et dans la petite localitérurale de Farino. Par contre, leur majorité n'est plus absolue àNouméa (49%) depuis 1989. À l'échelle de la ProvinceSud, ils représentent, avec 44%, le groupe dominant, position évidemmenttenue par les Mélanésiens dans les deus autres provinces. L'implantationdes Polynésiens est importante pour sa part à la périphériede la ville de Nouméa : Wallisiens et Tahitiens constituent 30%de la population de Païta, 29% de celle du Mont Dore et 25% de cellede Dumbéa. Plus encore que la communauté européenne,les communautés polynésiennes semblent liées àla présence de centres urbains ou miniers, mais le retour au paysde nombreux Tahitiens, au cours des dernières années, tendà estomper cette répartition. Pour les minorités vietnamienne,indonésienne, antillaise et le groupe mélanésien desNi-Vanuatu, l'implantation est aussi à présent urbaine. | | Province Sud | Province Nord | Province Îles | Total | | Mélanésiens | 17,6% | 16,6% | 10,7% | 44,9% | | Polynésiens | 11,2% | 0,3% | * | 11,5% | | Européens | 30,1% | 3,3% | * | 33,4% | | Divers | 9,2% | 0,9% | * | 10,1% | | Total | 68,1% | 21,1% | 10,8% | | La populationnéo-calédonienne
* regroupées, les communautésreprésentent 0,1% de la population totale. De plusen plus, on assiste à la juxtaposition dans l'archipel d'un espacemono-ethnique s'articulant autour des îles et des communes ruralesde la côte est et d'un espace pluri-ethnique centré principalementsur l'agglomération de Nouméa et accessoirement sur les centresurbains secondaires de La Foa, Bourail et Koumac sur la côte ouest.À l'espace mono-ethnique, à très forte empreinte mélanésienne,correspondent toujours de faibles densités (en général,moins de 15 hab/km2). Àl'espace pluri-ethnique, à dominante européenne, correspondentdes densités variées, d'autant plus fortes que le taux d'urbanisationde la population communale y est plus élevé. L'implantationà proximité immédiate du bourg de Koné du chef-lieude la Province Nord pourrait faire évoluer cette répartitiondichotomique, mais pas dans l'immédiat. (Extrait de "Géo-Pacifique: des Espaces Français", Collection Université, 1996)
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