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Des formesgénéreuses

LA GÉOGRAPHIEDE LA NOUVELLE-CALÉDONIE



Petite situation de la Nouvelle-Calédonie
et de ses îles principales



    Avec 18.564km2 et une Zone Économique Exclusive de 1.450.000 km2, la Nouvelle-Calédonieoccupe une position moyenne entre le géant continental australienet les petites îles de Micronésie. Elle occupe une positionméridionale en Mélanésie (Mélas : Noir ; Nêsos: île) ce qui explique son occupation tardive par les hommes.

L'archipel

    Le territoirea reçu le qualificatif de "Grande Terre Insulaire" de la part desgéographes contemporains soucieux de quantification et de précisionsmathématiques. F. Doumengue a défini la Nouvelle-Calédonieselon un indice côtier moyen (1/1,15) et un indice faible d'isolement(1/91).
    La "GrandeTerre", augmentée des Îles Bélep au nord et de l'Îledes Pins au sud, s'étend sur 400 km de long et à peine 40km de large, couvrant une superficie de 16.346 km2. Elle se présentecomme une île allongée dont l'axe est incliné grosso-mododu sud-est au nord-ouest. Sur un axe parallèle, à l'est,courent les Îles Loyauté formées de trois îlesprincipales (Maré, Lifou et Ouvéa) et de nombreux îlotssecondaires, dont Tiga, couvrant au total une superficie de 1981 km2.
    Enfin pourcompléter l'ensemble, d'autres îlots s'étendent fortloin tels ceux de Walpole, Hunter, Matthew, Chesterfield ou le banc deLandsdown. Ils contribuent à agrandir considérablement l'espacede la ZEE.

Le relief montagneuxde la Grande Terre

    Deux pointsculminants dominent la Grande Terre. Au nord, il s'agit du Mont Panié(1628 m) et, au sud, du Mont Humboldt (1618 m). En dehors de ces deux sommets,toutes les altitudes sont inférieures à 1500 m, si bien queles 3/4 des terres ont une altitude inférieure à 500 m. Bienque les cols routiers dépassent rarement 400 m, tel le Col des Roussettesà 386 m au centre de l'île, la Nouvelle-Calédonie connaîtun modelé montagnard s'étendant sur plus de 80% de sa superficie.
    Vue dela mer, la Grande Terre apparaît bien comme une île montagneuse.Dès que l'on a franchit la ligne isométrique des 100 m, onse trouve confronté à des pentes souvent raides. De fait,la Grande Terre développe, du Mont Panié au Mont Humboldt,un axe montagneux appelé "chaîne centrale". Les formes y sontarrondies au niveau des sommets en laissant place à des versantsraides, le plus souvent dévastés par l'érosion quiest la marque la plus apparente du relief. Cette chaîne centraleest bordé au nord et à l'ouest par un fouillis de collines,de glacis, de petits plateaux et de plaines basses courant du Mont Dorejusqu'à la Passe des Embarcations. Le relief est souvent fragmentési bien que l'on passe d'une plaine alluviale à l'autre en étantobligé de franchir des petits chaînons qui, à l'endroitoù ils sont surbaissés, reçoivent l'appellation justifiéde col malgré leur faible altitude.
    Au sudde la chaîne centrale se trouve le bassin perché de la Plainedes Lacs, se terminant brutalement par une falaise surplombant le canalde la Havannah. Plus au sud, l'Île Ouen et l'Île des Pins prolongentla Grande Terre, cette dernière présentant un petit massifde péridotites entouré d'un écrin de corail.
   La transitionvers le littoral est dissymétrique de part et d'autre de l'axe dela chaîne centrale. À l'ouest, une succession de surfacesaplanies différemment étagées de glacis, de collineset de plaines, conduisent à la mer, produisant des baies envaséeset encadrées, de solides promontoires ourlés de récifs.À l'est, la chute est brutale, ne laissant qu'un corridor étroitentre le lagon et la chaîne.
    L'axe dela chaîne centrale, décalée vers l'est, correspondà l'axe hydrographique de la Grande Terre. Au premier coup d'œil,le réseau hydraulique se résout à une foule de petitesrivières dont le cours est perpendiculaire à l'axe de lachaîne centrale, à l'exception du Diahot, qui coule selonune direction sud/nord. En fait, la géologie et surtout la tectoniquebouleversent un peu partout ce schéma simplifié et compliquentle décryptage de l'orientation hydrographique.

Les horizons plats desÎles Loyauté

    Quand levoyageur arrive en avion au-dessus des Îles Loyauté, il estsurpris par la platitude du relief, l'extension de la végétationforestière trouée de clairières et la faiblesse del'emprise humaine. Il s'agit d'ancien atolls qui ont étésoulevés et diversement basculés à la fin du tertiaire.On pourrait comparer les Îles Loyauté à de vastes calebassesaux bords faiblement relevés. À Maré et Lifou, lesaltitudes des vastes étendues planes internes sont faibles (16 à60 m). Quant aux bordures externes, elles dépassent rarement les100 m, sinon pour marquer les sommet de l'une (129 m) et de l'autre (104m). En ce qui concerne Ouvéa, la calebasse aurait basculédans la mer nord-ouest, ne laissant subsister qu'une ligne de faibles hauteursculminant à 42 m à la pointe Gervaise.
    Mais cequi caractérise surtout les Îles Loyauté, c'est l'absencetotale de cours d'eau et de sources vives. Toutefois, lorsqu'on a la possibilitéde s'enfoncer dans la végétation, on est frappé parl'aspect chaotique de sol qui rappelle celui du lagon. La partie internede ces îles est formée de dépressions fermées,voire de grottes ou de véritable gouffres. Le calcaire récifalconstitutif évolue  en morphologie karstique.
    Il arrivefréquemment que ces calebasses soient ébréchéesc'est-à-dire que les falaises qui bordent majestueusement ces îlesdisparaissent pour laisser place à une série de replats,formant un escalier conduisant de la plaine intérieure àla mer. Dans ces conditions, la dernière marche est bordéepar une large plage de sable calcaire blanc-vif, formant une transitionétincelante avec les reflets dégradés et contrastésde l'eau de mer couleur émeraude. Telles sont les multiples plagesde Wabao, Luengoni, Luecilla, Fayahoué...

Les autres îles

   L'île deWalpole, à 130 km au sud-est de Maré, dans le prolongementdes Îles Loyauté, présente un aspect à la foisdifférent et similaire. C'est un bloc calcaire sans dépressionintérieure. À l'opposé, les îles Hunter et Matthewsont des volcans qui rentrent épisodiquement en activitéà l'est de la Nouvelle-Calédonie, dans l'axe des îlesdu Vanuatu. Enfin, les îles Chesterfield et Bellone sont de multiplerécifs au ras de la mer, très loin à l'ouest du territoire,dans l'immensité océane.

Les formes littorales

    Les variationseustatiques sont à l'origine du la gon néo-calédonien.Le récif-barrière n'est qu'un ancien récif frangeant,correspondant à l'ancien rivage avant la transgression flandrienne.La variation eustatique positive a entraîné l'édificationcorallienne, avec une bordure abrupte face à l'océan, suivied'un platier incliné dominant un lagon étincelant de corauxmorts. Quand le récif-barrière s'arque sur lui-même,suite à la présence de courant circulaires, il se forme desfaros. Sur les platiers, les accumulations de sable corallien forment desîlots de sable appelés cayes, conquis rapidement par la végétation.Partout, les récifs-barrières sont coupés de passesqui facilitent le passage vers la haute mer pour les navires. Ces passessont, le plus souvent, le prolongement de l'embouchures des rivières,dont les alluvions empêchent la prolifération des madrépores,c'est-à-dire la construction des récifs coralliens. Il fauten effet une eau limpide, agitée et oxygénée pourpermettre le développement du corail. Les récifs frangeantsse développent en avant de la ligne de rivage ; ils bordent le lagonpar une pente brutale, quasi verticale, de 3 à 5 mètres deprofondeurs, suivi d'un platier. Le contact avec le rivage se fait parun chenal d'embarcation de 0,6 à 1,5 m de profondeur.
    Les lagonsont des tailles et des formes diverses. D'une manière générale,ils s'étendent sur 5 à 20 km de large, selon une profondeurde 10 à 15 m, pouvant atteindre 25 m. Sur la côte ouest, ilest étroit, pouvant aboutir à l'étroit couloir de2 km de large de Poé. Ce n'est qu'au sud et au nord de la GrandeTerre que le lagon atteint de grandes dimensions. Au sud, par suite dugauchissement récent, le lagon s'étend jusqu'à plusde 65 km des côtes, avec des fonds très irrégulierset de nombreux platiers intermédiaires, paradis des plongeurs maisenfer des navigateurs. Le grand lagon du nord s'étend sur 250 km,enserré par les deux bras prolongés des récifs-barrièrede la côte ouest et de la côte est. La limpidité deseaux, par suite de l'absence de décharge de toute rivières,rend ce lagon particulièrement actif sur le plan corallien.
    En Nouvelle-Calédonie,les côtes basses sont rares, car le rivage est loin d'êtrerégularisé suite aux variations incessantes du niveau marin.Un début de régularisation s'opère, cependant, del'embouchure de la Néra jusqu'au Cap Goulvain. Ailleurs, le rivageprésente des côtes élevées. Les côtesà falaises rocheuses dominent à l'est et au sud de la GrandeTerre. Elles sont vives, là où les versants des massifs sontabrupts (de Port-Boisé jusqu'à Goro, de Nakéty jusqu'àKouaoua). Là où les falaises sont inclinées, ellescorrespondent au versant des massifs. Elles sont le plus souvent bordéespar une étroite plaine littorale. Aux Îles Loyauté,atolls soulevés, l'ancien tombant extérieur forme désormaisune falaise récifale. Celle-ci peut-être vive ou morte. Ilest rare qu'elle soit d'un seul tenant. Il s'agit le plus souvent de falaisesétagées marquant les épisodes successifs de soulèvement.

Une exceptionnelle luminosité

   Le territoirebat tous les records de la météorologie nationale en matièred'ensoleillement. La station de Koumac détient le record absoluavec 2632 h/an, soit 59% d'insolation. Nice, champion des stations métropolitaines,ne parvient qu'à 2100 h/an (47%).
    Il s'agitbien d'une île de Lumière ou l'humidité de l'air, jointeà la permanence du vent, joue un rôle important. Si le ventvient à tomber, alors, de lumineuse, l'atmosphère devientbrumeuse, lourde et difficile à supporter par les organismes. Cesont ces journées accablantes de février/mars où lethermomètre dépasse 33°C.
    L'ensoleillementest donc l'un des charmes du Territoire. Petit à petit, ce charmedevient un atout économique. Avec une énergie solaire de20000 kj/an/m2 en moyenne annuelle, le territoire détient un facteurde richesse économique. Enfin, si le soleil apparaît àplus de 50% 255 jours par an, il n'est totalement absent que 22 jours,ce qui constituent un atout majeur en matière de tourisme.

(Extrait de "Géo-Pacifique: des Espaces Français", Collection Université, 1996)
 


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